L’euthanasie


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Catégorie : Défendre la vie

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En Belgique, depuis 2002, l’euthanasie est définie par notre code pénal comme « l’acte, pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne à la demande de celle-ci » (article 2 de la Loi Euthanasie). Il s’agit donc d’une mort provoquée et non le seul arrêt des soins pour éviter un acharnement thérapeutique. Ce qu’on appelle les soins palliatifs vise à accompagner et assister le patient dans la dernière phase de sa vie, en lui prodiguant les soins nécessaires à apaiser sa souffrance physique ou psychologique.

Ainsi qu’en témoigne ce documentaire, l’euthanasie, dépénalisée en Belgique en 2002, est l’objet de graves dérives.

Que dit la loi ?

Les principales conditions pour obtenir l’euthanasie sont les suivantes (source : Euthanasie STOP) :

a) Personnes conscientes

S’il s’agit d’un patient en phase terminale, l’euthanasie peut avoir lieu si:

  1. le patient est majeur ou mineur émancipé, capable et conscient, donc apte à exprimer sa volonté ;
  2. la demande est volontaire, réfléchie et répétée, et ne résulte pas de pression ; elle doit être consignée par écrit;
  3. la situation médicale est sans issue et engendre une souffrance physique ou psychique constante et insupportable, qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable ;

b) Personnes inconscientes

L’euthanasie peut avoir lieu si :

  • la personne est majeure ou mineure émancipée ;
  • elle est inconsciente et cette situation est irréversible selon l’état actuel de la science ;
  • elle est atteinte d’une affection accidentelle ou pathologique, grave et incurable ;
  • elle a rédigé et signé une déclaration anticipée d’euthanasie; cette déclaration est valable 5 ans et peut désigner une ou plusieurs personnes de confiance chargées de dire la volonté du patient.

c) Enfants (source : legalwolrd.be)

Depuis 2014, les enfants (sans limite d’âge), « dotés de la capacité de discernement et conscients au moment de la demande », peuvent également demander l’euthanasie à condition de se trouver dans une situation médicale sans issue de souffrance physique constante et insupportable qui:

  • ne peut être apaisée;
  • entraîne le décès à brève échéance;
  • résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable.

En toute hypothèse, la loi prévoit également une « clause de conscience », en précisant qu’aucun médecin n’est tenu de pratiquer une euthanasie et qu’aucune autre personne n’est tenue d’y participer (article 14 de la loi).

Pourquoi nous y opposer ?

  • Parce que l’euthanasie est un abandon des soins palliatifs.

Au contraire des actes posés de manière générale par le médecin, l’acte euthanasique ne consiste pas à rétablir la bonne santé, le bien-être, du patient, mais à supprimer l’être. Elle constitue un abandon définitif. L’euthanasie ne sauve pas la dignité; elle supprime une personne qui souvent souffre de solitude et a le sentiment d’être un fardeau.

  • S’il y a un « droit » à l’euthanasie pour les uns, alors il y a un devoir d’euthanasier pour les autres.

À la différence du suicide, l’euthanasie n’est pas un acte réalisé soi-même. Elle implique de la part du corps médical de ne plus seulement soigner mais également de donner la mort. Ce changement de nature de l’offre médicale n’a pas été demandé par les médecins et induit chez de nombreux patients et familles une rupture du lien de confiance.

  • Parce que l’euthanasie est incontrôlée, et incontrôlable.

Alors qu’une seule seulement a été déposée devant la justice par la Commission de contrôle de l’euthanasie, études et témoignages démontrent que l’euthanasie n’est pas contrôlée. Selon une étude de l’UGent et de la VUB, 47,8% des décès en 2013 en Flandre ont été « facilités » par une intervention médicale.

Pire, un décès sur soixante serait la conséquence d’une euthanasie n’ayant jamais été sollicitée par le patient, suivant un rapport de l’observatoire français de la fin de vie.

  • Parce qu’un choix dans la douleur n’est pas un choix.

L’euthanasie n’est pourtant pas nécessaire

Depuis 2014, année de dépénalisation de l’euthanasie des enfants, réjouissons-nous qu’aucune euthanasie n’ait été commise. Cette loi présentée alors comme urgente s’est avérée en réalité inutile. Peut-on pousser la réflexion jusqu’à dire que l’euthanasie dans son emsemble est inutile ? Oui. Tout simplement parce que :

  • 91% des euthanasies déclarées avaient été formulées par des patients dont le décès était prévu à brève échéance.  

L’euthanasie est largement contestée

Le 13 juin 2012, plus de 80 professionnels de la santé signaient un article d’opinion dans la Libre Belgique. Il y était notamment dit que :

L’euthanasie dégrade la confiance au sein des familles et entre les générations ; elle instille de la méfiance à l’égard des médecins ; elle fragilise les personnes les plus vulnérables qui, sous l’effet de diverses pressions, conscientes ou inconscientes, peuvent se croire moralement obligées d’exprimer une demande d’euthanasie.

En dépénalisant l’euthanasie, la Belgique a ouvert une boîte de Pandore. Les dérives envisagées il y a dix ans sont aujourd’hui devenues une réalité. La Commission fédérale de contrôle émet elle-même des doutes sur sa capacité à remplir sa mission, celle-ci étant liée au respect de l’obligation de déclarer les euthanasies pratiquées. Peut-on raisonnablement imaginer qu’un médecin se dénonce lui-même s’il n’a pas respecté les conditions légales ?

A la lecture des rapports de la Commission, on constate que les conditions, qui se voulaient strictes au départ, font l’objet d’appréciations très élargies. Sont ainsi avalisés des cas de suicide assisté de même que des euthanasies justifiées par une souffrance psychique qui ne résulte pas d’une pathologie grave et incurable, alors que ces deux situations sont exclues du champ d’application de la loi. Estimant en outre que le caractère insupportable de la souffrance est d’ordre subjectif, la Commission hésite à vérifier que cette condition légale essentielle est bien remplie. Ne peut-on s’étonner que la Commission n’ait jamais transmis de dossier au parquet en dix ans ? Peut-on affirmer, sans parti pris idéologique, que la loi est respectée et que la pratique de l’euthanasie est sous contrôle ?

A fortiori, les nombreuses propositions d’assouplissement ou d’élargissement de la loi actuelle, en particulier aux mineurs d’âge et aux déments, suscitent notre plus vive inquiétude. Comme il était prévisible, une fois l’interdit levé, nous marchons à grands pas vers une banalisation du geste euthanasique. Force est de constater que, paradoxalement, plus une société refuse de voir la mort et d’en entendre parler, plus elle se trouve encline à la provoquer.

Dix ans après la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique, l’expérience atteste qu’une société faisant droit à l’euthanasie brise les liens de solidarité, de confiance et d’authentique compassion qui fondent le « vivre ensemble », et en définitive se détruit elle-même. Aussi en appelons-nous à une évaluation objective et courageuse de la loi, plutôt qu’à son assouplissement ou son extension.

Des exemples d’euthanasies…

Les frères Verbessem

Deux frères jumeaux nés sourds et atteints d’un glaucome qui selon les diagnostics les rendrait progressivement aveugles, ont été euthanasiés le 14 septembre 2012. La crainte de ne plus voir a été qualifiée par leur médecin de « souffrance psychique insupportable »

Nathan Verhelst

Nathan Verhelst a été euthanasié le 30 septembre 2013 après une opération échouée de changement de sexe. Ayant une « aversion pour son nouveau corps » et faisant état de ses souffrances psychiques, son euthanasie a été autorisée.

Autres cas

Un détenu en prison, très malade, a été euthanasié en septembre 2012. Un autre détenu sans maladie grave demande l’euthanasie, car il ne se « sent plus un homme ». Les psychiatres ont affirmé qu’il souffrait mentalement de manière intenable. Le retour à la peine de mort volontaire pour « motif humanitaire » est désormais envisagé.

Le Serment d’Hippocrate

Sur l’avortement comme sur l’euthanasie, 400 ans avant l’ère chrétienne, le Serment d’Hippocrate était déjà très clair :

Je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l’engagement suivant :

Je mettrai mon maître en médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec lui mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s’ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je ferai part des préceptes, des leçons orales et du reste de l’enseignement à mes fils, à ceux de mon maître, et aux disciples liés par un engagement et un serment suivant la loi médicale mais à nul autre.

Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté.

Je ne pratiquerai pas l’opération de la taille. Dans quelque maison que je rentre, j’y entrerai pour l’utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire ou corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves.

Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l’exercice de ma profession, je tairai ce qui n’a jamais besoin
d’être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas.

Si je remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais des hommes ; si je le viole ou si je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire !

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